AUSCHWITZ-BIRKENAU Des lycéens dans l’horreur des camps

lundi 23 novembre 2009
par  admin
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Une centaine de lycéens de la région se sont rendus, mercredi, en Pologne pour visiter les camps de concentration d’Auschwitz et Birkenau dans le cadre d’un voyage d’études. Une expérience gravée à jamais dans leur mémoire.

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Se souvenir du passé pour mieux construire l’avenir, telle est la mission des lycéens de la région (Photo Nord éclair).

« Je regrette que le temps soit clément aujourd’hui car durant les 32 mois que j’ai passés dans les camps, je ne savais pas ce que c’était le beau temps », introduit Charles Baron, un des derniers rescapés venu accompagner les lycéens dans leur périple. Pourtant, les rayons du soleil de novembre ne parviennent pas à réchauffer l’ambiance glaciale qui règne en ces lieux, véritables usines de la mort.

Auschwitz c’est d’abord un portail d’entrée, affublé d’un cynique « Arbeit macht frei » (le travail c’est la liberté) et ceint de fils barbelés. Puis, des alignements de blocks de briques rouges encerclés de miradors. Mais ce sont surtout des chiffres accablants : 1,3 million de déportés, dont 1,1 million de juifs, parmi lesquels 69 000 Français.

« Des vies massacrées »

Le visage fermé, les élèves découvrent, hébétés pour certains, submergés par l’émotion pour d’autres, les monticules de chaussures, lunettes, valises, cheveux... « Ça représente des millions de vies massacrées. Des hommes, des femmes, des enfants, des familles entières qui ont souffert.C’est horrible... », commente Julie, les yeux embués. Pour cette élève en terminale STL au lycée Pasteur d’Hénin-Beaumont, l’Histoire ne se résume plus à des mots alignés dans les livres de cours, elle est désormais concrète, tangible, effroyablement réelle.

Après une courte pause déjeuner, les élèves se dirigent vers Birkenau, camp de 147 hectares entièrement voué à l’extermination d’un peuple. C’est là que les nazis ont mis au point, à l’insu de tous, ce qu’ils ont appelé « la solution finale ». Un système très élaboré et « abominablement cruel » , lâche un ado. À quelques mètres du grand mirador surplombant l’entrée, quelques baraquements sont restés intacts. À l’intérieur, des rangées de lits superposés et de latrines (simples trous percés dans le béton). Charles Baron évoque alors les conditions de « survie », l’avilissement, la déshumanisation. Le vieil homme fait remonter à la surface les souvenirs douloureux de son passé pour mieux alimenter la réflexion des lycéens. « Maintenant, c’est à vous de parler de tout ça pour que ça ne se reproduise plus. »

Témoigner pour ne pas oublier

Caméscope à la main, Guillaume a tout enregistré « pour ne rien oublier ». Ne pas oublier mais surtout témoigner et perpétuer le devoir de mémoire. Les lycéens de la région se sentent plus que jamais investis de cette mission.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu du projet qui les a amenés à effectuer ce voyage d’études organisé par le conseil régional. « Les élèves ont été choisis pour leur motivation, explique Anthony Jouvenel, prof d’histoire au lycée Pasteur d’Hénin-Beaumont. Ils vont devoir élaborer des travaux sous diverses formes » . Expositions, conférences, blogs... Les idées ne manquent pas. Autant de projets à travers lesquels ils vont transmettre cette expérience dont « on sort changé et avec plein d’interrogations », concède Renaud, élève en terminale au lycée Béhal de Lens. « Pour moi, c’est pareil, sourit Charles Baron. À chaque fois que je sors d’ici, je repars avec plus de questions qu’en arrivant. »

Publié le vendredi 20 novembre 2009 - CELINE DEBETTE
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